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Volume
18 No 2
2e trimestre 2002 Second Quarter
Élargissement
du champ dapplication du décret de la construction
Lindustrie craint de doubler ses coûts
dentretien
Lindustrie forestière et lensemble du secteur manufacturier
se mobilisent pour faire changer didée au gouvernement
du Québec, qui envisage dassujettir au décret de
la construction les travaux dinstallation, dentretien et
de réparation de la machinerie de production des usines.
Le 11 octobre dernier, à Shawinigan, la direction de lAssociation
des manufacturiers de bois de sciage du Québec (AMBSQ) avait
profité dune rencontre avec la presse régionale
pour sonner lalarme à ce sujet. Depuis, lAssociation
des industries forestières (AIFQ) a emboîté le pas,
tout comme les grandes associations industrielles et manufacturières
du Québec. Lensemble des représentants patronaux
du secteur manufacturier est dailleurs en train de sorganiser
pour
former une vaste coalition sopposant à ce projet.
Autres commentaires
Dans la plus récente édition du bulletin de liaison de
lAMBSQ, LAsso-Scié (hiver 2002), le président
du conseil dadministration de lAssociation, Charles Tardif,
a abordé le sujet. Selon lui, lélargissement du
champ dapplication de la Loi sur les relations de travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-duvre
dans lindustrie de la construction (mieux connue comme la loi
R-20) tombe particulièrement mal, car cela « augmentera
nos coûts de manière substantielle ». En cette période
de conflit commercial du bois duvre avec les États-Unis,
les scieries du Québec nont vraiment pas besoin de cette
tuile supplémentaire, écrivait le président de
lAMBSQ.
Actuellement, seuls les travaux reliés aux bâtiments ou
assimilables au génie civil sont réalisés par des
travailleurs munis dune carte émise par la Commission de
la construction du Québec. Les travaux dinstallation et
dentretien de la machinerie sont pour la plupart réalisés
par des PME locales ayant pu développer leur expertise au fil
des ans. « On estime que cette facture supplémentaire pourrait
facilement remettre en question des investissements majeurs, sachant
que lindustrie y investit massivement et quune part substantielle
de ces déboursés sont versés sous forme de salaires
», concluait
M. Tardif.
Des consultations
Dans un article non signé publié dans son bulletin Le
Papetier (vol. 37, no. 4), lAIFQ a énuméré
divers facteurs qui lui font dire que cette intention gouvernementale
nuira sérieusement à la modernisation des entreprises
forestières. De 1992 à 2000, les investissements combinés
des industries papetières et des scieries étaient en moyenne
de 1,1 milliard $ par année, soit 27 % des sommes dépensées
par lensemble des secteurs industriels du Québec.
Selon Germain Gaudreault, responsable du dossier à lAMBSQ
et à lAIFQ, de nombreux soudeurs, mécaniciens et
électriciens à lemploi des entreprises sous-traitantes
de lindustrie forestière perdront leur travail si ce projet
se concrétise. Les scieries, plus particulièrement, font
faire beaucoup dentretien par le personnel de ces PME locales.
« Ces gens-là se sentent chez eux quand ils viennent à
lusine », a-t-il raconté lors dune conversation
téléphonique le 11 janvier dernier.
Les usines sont malheureusement installées dans des régions
où la main-duvre spécialisée est rare.
Or, la Commission de la construction német plus de cartes,
car lindustrie de la construction est en manque de chantiers ces
temps-ci. « Les usines devront importer de la main-duvre,
à grands frais, si elles ne peuvent plus embaucher ces gens-là
», a ajouté M. Gaudreault. Lindustrie forestière
prétend que ces coûts dinstallation et dentretien
des équipements vont doubler si le gouvernement va de lavant;
elle demande donc au gouvernement de maintenir le statu quo.
Pas mise ne vigueur
Dans la loi R-20, il existe une disposition au deuxième paragraphe
de larticle 1a) traitant de la définition demployeur
professionnel. Elle y est inscrite depuis 1993, mais na jamais
été mise en vigueur. Le premier ministre Bernard Landry
aurait acquiescé à une demande en ce sens du président
de la FTQ, Henri Massé, lors dune rencontre en mai 2001.
En juin, puis en septembre dernier, les représentants de lindustrie
ont eu une confirmation de la part du ministre responsable, Jean Rochon,
que le gouvernement envisageait délargir cette définition
demployeur professionnel aux entrepreneurs sous-traitants de lindustrie
manufacturière. M. Rochon aurait promis de faire réaliser
une étude dimpacts. Celle-ci devait être faite lautomne
dernier, mais rien na été fait.
Finalement, à la suite des pressions de lOpposition, la
Commission de léconomie et du travail a pris un mandat
dinitiative. Celle-ci devrait tenir des consultations publiques
spécifiquement sur cette question dici la fin du mois de
février. Lannonce en a été faite le 19 décembre
dernier par le député André Tranchemontagne (Mont-Royal),
porte-parole de lOpposition officielle en matière demploi
et de travail. Mais au moment de mettre sous presse, le calendrier des
commissions de lAssemblée nationale ne faisait toujours
aucune mention de cette consultation.
Source : journal Le Monde Forestier, février 2002
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